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Alyah : « Je suis montée seule et j’ai réussi » Esther Landeau 27 ans [ KISSRAEL ]

par / mercredi, 08 octobre 2014 / Publié dans Alyah, Juifs de France, Témoignages

Article publié le 7 oct sur le site Europe Israël News

Lien : http://www.europe-israel.org/2014/10/alyah-je-suis-monte-seule-et-jai-reussi-esther-landeau-27-ans-kissrael/

Alyah : « Je suis montée seule et j’ai réussi » Esther Landeau 27 ans [ KISSRAEL ]

Europe-Israel.org et les chroniqueurs de KISSRAEL vous proposent de découvrir plusieurs récits authentiques d’Alyah. Nous avons pensé utile de laisser parler les juifs de France qui ont décidé de venir s’installer en Israël. Ils sont tous de parfaits anonymes, des juifs du quotidien, ils ont pu être nos camarades de classe, un collègue de travail, un membre de notre famille. Ils ont tous décidé de mettre fin à 2000 ans d’exil. Voici le deuxième récit d’Alyah, lequel j’espère. sera l’étincelle d’espoir qui manque à votre courage.
Ruben Wizmann pour KISSRAEL.

Esther : « Je suis montée à 18 ans le bac en poche , deux valises  laissant ma famille mon enfance mes amis derrière moi et des rêves plein la tête. J ai toujours su que je ferais mon Alyah . »

Je savais en moi que je ne souhaitais pas fonder une famille des enfants en France , je le savais au fond de moi sans réelle raison, non-pas à cause de l’antisémitisme des habitants du 19 ème arrondissement de Paris mais par sionisme réel. J’avais l’envie de faire partie de la belle histoire de ce petit pays, mon pays, mon pays juif .Ma famille est moitié algérienne moitié ashkénaze. Pourtant mon sentiment vis-à-vis de la France, ce pays qui m’avait vu naître, était mitigé. La France ne me semblait être qu’une étape dans le long parcours du peuple juif. Il est difficile de se sentir appartenir à la France quand tu te sens profondément juive. L’Histoire de Napoléon, aussi fantastique fût-elle, n’était pas mon histoire, les fêtes nationales françaises  n’étaient pas mes fêtes. J’avais besoin de me sentir pleine et en adéquation avec mon identité.

Tout convergeait vers l’Alyah

J’ai toujours vécu dans un environnement religieux : école juive et chomeret shabbat. J’ai  fréquenté  le Bnei Akiva et nourri le rêve d’une vie plus intense en Israël tout en sachant que ce ne serait pas tous les jours facile.

.J’ai pris l’avion et atterri en Israël sans passer par l’agence Juive. Pas de « fanfare ni de mazel tov » donc  à mon arrivée, un simple avion de vacances pour tous fut mon avion de départ d’alyah pour moi. Je régularisais ma situation en Israël un an plus tard.  Ce fut une simple démarche sur place. Je n’avais pas besoin d’une Téoudat Zéout immédiatement (carte d’identité israélienne) pour sentir que je faisais l’Alyah.

Je te retrouve ô Jérusalem

Je choisis Jérusalem pour commencer ma nouvelle vie, la midrechet yerushalaim , une petite structure à l’époque , au centre d’une école universitaire en plein cœur de Jérusalem. J’ai donc été logée par l’oulpan et pris des cours de kodech  (sagesse juive) pendant une année. Là, seule, sans famille c’est la galère des shabbats et des fêtes. C’était le stress dès le mercredi  pour savoir où aller faire Shabbat le vendredi.

Michlala Ulpan Jerusalem

J’ai voyagé dans tout le pays : Holon, Tel Aviv, Bnei Brak, Tibériade et j’ai connu plein de gens différents qui m’ont accueillie pour Shabbat. C’est dur de ne pas savoir où aller, de devoir seule se débrouiller, d’être malade seule dans un grand appart. Mais ça m’a forgé le caractère et j’ai beaucoup appris. C’est l’école de la vie. Je n’ai jamais pensé rentrer en France. Ma maison c’est ici.

 Lors de la seconde guerre du Liban dans l’abri anti-bombe du kibboutz Nir  je fais la rencontre de mon futur mari.

J’ai voulu me donner à mon pays

Après ma première année, j’ai voulu comme tous les jeunes de mon âges me donner à mon pays. J’ai choisi le shirout leumi , une année à donner à des enfants handicapés.

Pendant cette période mon hébreu prend beaucoup d’aisance à l’oral. Je me suis sentie appartenir pleinement à mon pays. Durant cette période je fais de belles rencontres et fais de beaucoup de Tyoulim (voyage, balade) tout autour dans la région. Ma plus jeune sœur me rejoint en Israël.

Lors de la seconde guerre du Liban dans l’abri anti-bombe du kibboutz Nir  je fais la rencontre de mon futur mari. Une autre page de mon Alyah s’ouvre à deux.

Je commence des études d’ingénieur en génie industriel à Michlala leandasa bet akeren. Et là c’est le désastre. Je sors en pleurs du premier cours de Physique, je n’ai compris que le mot « Newton »  de toute l’heure de cours. Les études correspondent à la phase la plus dure de mon alyah car le vocabulaire en hébreu est d’un haut niveau, rien à voir avec ce qu’on apprend à l’oulpan ou dans la rue.

Je vais en cours, j’écris, je prends le cahier d’un camarade pour corriger mes fautes d’orthographe puis j’utilise google translate pour enfin comprendre ce qui avait été dit en cours.  C’est aussi réviser trois fois plus que les autres pour avoir une note inférieure à eux. Il faut être tenace, s’accrocher, tenir la barre.

Il faut être tenace, s’accrocher, tenir la barre.

J’ai eu mon diplôme en 5 ans et demi au lieu de 4, avec une moyenne convenable, pas excellente. Une chose était acquise, je venais d’obtenir mon passeport vers le monde du travail israélien.

Barouh Ashem, 8 ans après j’ai deux beaux enfants, un métier intéressant dans le high-tech en logistique, aucun problème pour parler et étudier en hébreu, ma mentalité est de plus en plus israélienne  malgré les difficultés. Il me reste encore des petits trucs de France qui me manquent surtout ma mère.

Nous sommes les pionniers de notre famille, notre force et notre ténacité nous a permis de recevoir mes frères et sœurs qui ont suivi ; avec un pied à terre c’est toujours  plus facile de se lancer dans une Alyah. Nos parents pensent à l’Alyah à l’heure de leur retraite et mes beaux parents font pour l’instant des aller-retour. Les rires de nos enfants leurs manquent terriblement et c est dur même pour nous de ne pas avoir de grands-parents et famille près  de nous au quotidien.
Mais je ne regrette rien, au contraire je suis fière de moi, de nous tous qui avons changé notre destin, nous avons écrit une page sur la terre vers laquelle nos grands-pères priaient.

Mon mari et mes deux enfants

J’ai un message simple pour les juifs francophones, montez le plus tôt possible, n’attendez pas de finir vos études faites-les ici ; n attendez pas de faire des économies et de travailler venez ici travailler, ça vous évitera toutes comparaisons avec  l’Europe. Pour les familles avec des enfants je sais que c’est beaucoup plus difficile mais c est un des plus extraordinaires cadeaux que vous pouvez faire à vos enfants, celui  de les voir grandir en Israël. Pour ceux qui ont peur, prenez votre force et votre foi a deux mains

« Si vous le voulez, ce ne sera pas un rêve » Théodore Herzl-  אם תרצו אין זו אגדה

Esther Landeau-Guedj

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